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Vain espoir! Il ne faut pas. Elle était pareille au jeune oiseau qui, sans rien démêler à l'obscur et nostalgique besoin qui le pousse vers les grands cieux, dont il ne se souvient pas, se meurtrit la tête et se casse les ailes aux barreaux de la cage. Ramassis de soldats errants, de détachements sans chefs, de volontaires vagabonds, mal équipés, mal nourris—et le plus souvent, pas nourris du tout,—sans cohésion, sans discipline, chacun ne songeant qu'à soi, et poussés par un sentiment unique d'implacable, de féroce égoïsme; celui-ci, coiffé d'un bonnet de police, celui-là, la tête entortillée d'un foulard, d'autres vêtus de pantalons d'artilleurs et de vestes de tringlots, nous allions par les chemins, déguenillés, harassés, farouches. Les années s'écoulèrent ennuyeuses et vides. Il est passionné de météorologie.

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Ixelles La Chaise Musicale — À partir de 2,5 ans. Commentaires Un commentaire Catégories BruxelloiseMaman. Vas-y, parle couture à ma main. Béatrice est une oie un peu maladroite. Foufou mais pas inécoutable ni branlette technique, choses TRES importante à souligner.

Si vous kiffez veugra les trucs chelou à la Pneu, vous pouvez foncer. Vraiment cool en concert. Et dansant avec ça.

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Ils sortaient un disque ce soir là, notamment sur Emergence Records, vous connaissez la chanson et le chemin. Publié par Grand Guru Extrait du blog " anars Un combo totalement déroutant mais fascinant par la variation de leurs compositions. Alors que d'autre ne font que des ronds dans l'eau, ce groupe fait lui dans les vagues déferlantes.

C'est un parti pris, car Pavé c'est dans la face que ça se prend! Publish by Danno Extrait du blog " Peter is a lie!! Je les avais déjà vu il y a un certain moments, dans des conditions assez chiantes chaleurs étouffante, pas de bouchons pour les oreilles Petite nouveauté : une trompette accompagne parfois les chansons et apporte un vrai plus, rendant certaines compos limite "dansantes".

Toutefois, on reste à la limite de l'expérimental, avec des variations de rythmes très fréquentes et une démonstration technique des deux musiciens qui sont toujours aussi bons. Pour le "style", Pavé est en haut de panier, clairement. Par contre, ce n'est toujours pas mon style de musique et j'avoue m'être assez vite lassé, le set durant un peu trop longtemps à mon goût.

M'enfin, ça reste une bonne expérience live et un groupe de très bon niveau qui plaira beaucoup aux fans de musique-expérimentale-mais-pas-trop. Tout m'était indifférent, et je n'avais aucun désir, aucune curiosité. Le regard fixe, la tête pesante, le sang lourd, je marchais au hasard, devant moi, et je finissais par m'écrouler, dans le Luxembourg, sur un banc, sénilement tassé sur moi-même, immobile, pendant de longues heures, sans rien voir, sans rien entendre, sans me demander pourquoi des enfants étaient là qui couraient, pourquoi des oiseaux étaient là qui chantaient, pourquoi des couples passaient Naturellement, je ne travaillais pas et je ne songeais à rien La guerre vint, puis la défaite Malgré les résistances de mon père, malgré les supplications de la vieille Marie, je m'engageai.

II Notre régiment était ce qu'on appelait alors un régiment de marche. Il avait été formé au Mans, péniblement, de tous les débris de corps, des éléments disparates qui encombraient la ville. Des zouaves, des moblots, des francs-tireurs, des gardes forestiers, des cavaliers démontés, jusques à des gendarmes, des Espagnols et des Valaques; il y avait de tout, et ce tout était commandé par un vieux capitaine d'habillement promu, pour la circonstance, au grade de lieutenant-colonel.

En ce temps-là, ces avancements n'étaient point rares; il fallait bien boucher les trous creusés dans la chair française par les canons de Wissembourg et de Sedan. Plusieurs compagnies manquaient de capitaine. La mienne avait à sa tête un petit lieutenant de mobiles, jeune homme de vingt ans, frêle et pâle, et si peu robuste, qu'après quelques kilomètres, il s'essoufflait, tirait la jambe et terminait l'étape dans un fourgon d'ambulance.

Le pauvre petit diable! Il suffisait de le regarder en face pour le faire rougir, et jamais il ne se fût permis de donner un ordre, dans la crainte de se tromper et d'être ridicule.

Nous nous moquions de lui, à cause de sa timidité et de sa faiblesse, et sans doute aussi parce qu'il était bon et qu'il distribuait quelquefois aux hommes des cigares et des suppléments de viande. Je m'étais fait rapidement à cette vie nouvelle, entraîné par l'exemple, surexcité par la fièvre du milieu. En lisant les récits navrants de nos batailles perdues, je me sentais emporté comme dans une ivresse, sans cependant mêler à cette ivresse l'idée de la patrie menacée.

Nous restâmes un mois, dans Le Mans, à nous équiper, à faire l'exercice, à courir les cabarets et les maisons de femmes. Enfin, le 3 octobre, nous partîmes. Ramassis de soldats errants, de détachements sans chefs, de volontaires vagabonds, mal équipés, mal nourris—et le plus souvent, pas nourris du tout,—sans cohésion, sans discipline, chacun ne songeant qu'à soi, et poussés par un sentiment unique d'implacable, de féroce égoïsme; celui-ci, coiffé d'un bonnet de police, celui-là, la tête entortillée d'un foulard, d'autres vêtus de pantalons d'artilleurs et de vestes de tringlots, nous allions par les chemins, déguenillés, harassés, farouches.

Depuis douze jours que nous étions incorporés à une brigade de formation récente, nous roulions à travers la campagne, affolés, et pour ainsi dire, sans but. Aujourd'hui à droite, demain à gauche, un jour fournissant des étapes de quarante kilomètres, le jour suivant, reculant d'autant, nous tournions sans cesse dans le même cercle, pareils à un bétail débandé qui aurait perdu son pasteur.

Notre exaltation était bien tombée. Trois semaines de souffrances avaient suffi pour cela. Avant que nous eussions entendu gronder le canon et siffler les balles, notre marche en avant ressemblait à une retraite d'armée vaincue, hachée par les charges de cavalerie, précipitée dans le délire des bousculades, le vertige des sauve-qui-peut.

Que de fois j'ai vu des soldats se débarrasser de leurs cartouches qu'ils semaient au long des routes! Le soir, au camp, accroupis autour de la marmite, ou bien allongés sur la bruyère froide, la tête sur le sac, ils pensaient à la maison d'où on les avait arrachés violemment.

Tous les jeunes gens, aux bras robustes, étaient partis du village: beaucoup déjà dormaient dans la terre, là-bas, éventrés par les obus; les autres, les reins cassés, erraient, spectres de soldats, par les plaines et par les bois, attendant la mort.

Dans les campagnes en deuil, il ne restait que des vieux, davantage courbés, et des femmes qui pleuraient. L'aire des granges où l'on bat le blé était muette et fermée; dans les champs déserts où poussaient les herbes stériles, on n'apercevait plus, sur la pourpre du couchant, la silhouette du laboureur qui rentrait à la ferme, au pas de ses chevaux fatigués.

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Et des hommes, avec de grands sabres, venaient, qui prenaient, un jour, les chevaux, qui, un autre jour, vidaient l'étable, au nom de la loi; car il ne suffisait pas à la guerre qu'elle se gorgeât de viande humaine, il fallait qu'elle dévorât les bêtes, la terre, tout ce qui vivait dans le calme, dans la paix du travail et de l'amour Pourtant, nous préparions la défense des pays que nous traversions et qui n'étaient point encore menacés.

Nous imaginions pour cela d'abattre les arbres et de les jeter sur les routes; nous faisions sauter les ponts, nous profanions les cimetières à l'entrée des villages, sous prétexte de barricades, et nous obligions les habitants, baïonnettes aux reins, à nous aider dans la dévastation de leurs biens. Puis nous repartions, ne laissant derrière nous que des ruines et que des haines.

Je me souviens qu'il nous fallut, une fois, raser, jusqu'au dernier baliveau, un très beau parc, afin d'y établir des gourbis que nous n'occupâmes point.

Nos façons n'étaient point pour rassurer les gens. Aussi, à notre approche, les maisons se fermaient, les paysans enterraient leurs provisions: partout des visages hostiles, des bouches hargneuses, des mains vides. Il y eut entre nous des rixes sanglantes pour un pot de rillettes découvert dans un placard, et le général fit fusiller un vieux bonhomme qui avait caché, dans son jardin, sous un tas de fumier, quelques kilogrammes de lard salé.

Le 1er novembre, nous avions marché toute la journée et, vers trois heures, nous arrivions à la gare de la Loupe. Il y eut d'abord un grand désordre, une inexprimable confusion. Beaucoup, abandonnant les rangs, se répandirent dans la ville, distante d'un kilomètre, se dispersèrent dans les cabarets voisins.

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Pendant plus d'une heure, les clairons sonnèrent le ralliement. Des cavaliers furent envoyés à la ville pour en ramener les fuyards et s'attardèrent à boire. Le bruit courait qu'un train formé à Nogent-le-Rotrou devait nous prendre et nous conduire à Chartres, menacé par les Prussiens lesquels avaient, disait-on, saccagé Maintenon, et campaient à Jouy.

Un employé, interrogé par notre sergent, répondit qu'il ne savait pas, qu'il n'avait entendu parler de rien. Le général, petit vieux, gros, court et gesticulant, qui pouvait à peine se tenir à cheval, galopait de droite et de gauche, voltait, roulait comme un tonneau sur sa monture et, la face violette, la moustache colère, répétait sans cesse: —Ah!

Il mit pied à terre, aidé par son ordonnance, s'embarrassa les jambes dans les courroies de son sabre qui traînait sur le sol, et, appelant le chef de gare, il engagea un colloque des plus animés avec celui-ci dont la physionomie s'ahurissait. Où est-il ce bougre-là? Est-ce qu'on se fout de moi, ici? Il soufflait, bredouillait des mots inintelligibles, frappait la terre du pied, invectivait le chef de gare.

Enfin, tous les deux, l'un la mine très basse, l'autre faisant des gestes furieux, finirent par disparaître dans le bureau du télégraphe qui ne tarda pas à nous envoyer le bruit d'une sonnerie folle, acharnée, vertigineuse, coupée de temps en temps par les éclats de voix du général.

On se décida enfin à nous faire ranger sur le quai, par compagnies, et on nous laissa là, sacs à terre, immobiles, devant les faisceaux formés. La nuit était venue, la pluie tombait, lente et froide, achevant de traverser nos capotes, déjà mouillées par les averses. De-ci, de-là, la voie s'éclairait de petites lumières pâles, rendant plus sombres les magasins et la masse des wagons que des hommes poussaient au garage.

Et le monte-charges, debout sur sa plate-forme tournante, profila dans le ciel son long cou de girafe effarée. A part le café, rapidement avalé, le matin, nous n'avions rien mangé de la journée et bien que la fatigue nous eût brisé le corps, bien que la faim nous tenaillât le ventre, nous nous disions, consternés, qu'il faudrait encore se passer de soupe aujourd'hui.

Nos gourdes étaient vides, épuisées nos provisions de biscuit et de lard, et les fourgons de l'intendance, égarés depuis la veille, n'avaient pas rejoint la colonne. Plusieurs d'entre nous murmurèrent, prononcèrent à haute voix des paroles de menace et de révolte; mais les officiers qui se promenaient, mornes aussi, devant la ligne des faisceaux, ne semblèrent pas y faire attention.

Je me consolai, en pensant que le général avait peut-être réquisitionné des vivres dans la ville. Vain espoir! Les minutes s'écoulaient; la pluie toujours chantait sur les gamelles creuses, et le général continuait d'injurier le chef de gare, qui continuait à se venger sur le télégraphe, dont les sonneries devenaient de plus en plus précipitées et démentes De temps en temps, des trains s'arrêtaient, bondés de troupes.

Des mobiles, des chasseurs à pied, débraillés, tête nue, la cravate pendante, quelques-uns ivres et le képi de travers, s'échappaient des voitures où ils étaient parqués, envahissaient la buvette, ou bien se soulageaient en plein air, impudemment. De ce fourmillement de têtes humaines, de ce piétinement de troupeau sur le plancher des wagons partaient des jurons, des chants de Marseillaise, des refrains obscènes qui se mêlaient aux appels des hommes d'équipe, au tintement de la clochette, à l'essoufflement des machines.

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Je reconnus un petit garçon de Saint-Michel, dont les paupières enflées suintaient, qui toussait et crachait le sang. Je lui demandai où ils allaient ainsi. Ils n'en savaient rien. Partis du Mans, ils étaient restés douze heures à Connerré, à cause de l'encombrement de la voie, sans manger, trop tassés pour pouvoir s'allonger et dormir. C'était tout ce qu'il savait. A peine s'il avait la force de parler. Il était allé à la buvette afin de tremper ses yeux dans un peu d'eau tiède.

Je lui serrai la main, et il me dit qu'à la première affaire, il espérait bien que les Prussiens le feraient prisonnier Et le train s'ébranlait, se perdait dans le noir, emmenant toutes ces figures hâves, tous ces corps déjà vaincus, vers quelles inutiles et sanglantes boucheries? Je grelottais. Sous la pluie glacée qui me coulait sur la peau, le froid m'envahissait, il me semblait que mes membres s'ankylosaient.

Je profitai d'un désarroi causé par l'arrivée d'un train pour gagner la barrière ouverte et m'enfuir sur la route, cherchant une maison, un abri, où je pusse me réchauffer, trouver un morceau de pain, je ne savais quoi. Les auberges et cabarets, près de la gare, étaient gardés par des sentinelles qui avaient ordre de ne laisser entrer personne A trois cents mètres de là, j'aperçus des fenêtres qui luisaient doucement dans la nuit.

Ces lumières me firent l'effet de deux bons yeux, de deux yeux pleins de pitié qui m'appelaient, me souriaient, me caressaient C'était une petite maison isolée à quelques enjambées de la route J'y courus Un sergent, accompagné de quatre hommes, était là qui vociférait et sacrait. Près de l'âtre sans feu, je vis un vieillard, assis sur une chaise de paille très basse, les coudes sur les genoux, la tête dans les mains.

Une chandelle, qui brûlait dans un chandelier de fer, éclairait la moitié de son visage, creusé, raviné par des rides profondes. V'la huit jours qu'la troupe passe, j'vous dis M'ont tout pris.

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Il se tassa sur sa chaise et, d'une voix faible, il murmura. Le sergent haussa les épaules: —Ne fais donc pas le malin, vieille canaille Eh bien, je vais t'en fiche, moi, des Prussiens Le vieillard branla la tête. D'un geste colère, le sergent commanda aux hommes de fouiller la maison.

Du cellier au grenier, ils passèrent tout en revue. Il n'y avait rien, rien que des traces de violence, des meubles brisés. Dans le cellier, humide de cidre répandu, les tonneaux étaient défoncés, et partout s'étalaient de hideuses et puantes ordures.

Cela exaspéra le sergent, qui frappa le carreau de la crosse de son fusil. Et il secoua rudement le vieillard, qui chancela et faillit tomber la tête contre le landier de fer de la cheminée.

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Eh bien, tu as des chaises, un buffet, une table, un lit Le vieillard ne protesta pas. Il répéta de nouveau, hochant sa vieille tête blanche: —J'ons point d'bouè. Je voulus m'interposer, et balbutiai quelques mots; mais le sergent ne me laissa pas achever, il m'enveloppa des pieds à la tête d'un regard méprisant. Ta ra ta ta ra, ta ta ra! Alors, il donna un ordre. En quelques minutes, chaises, table, buffet, lit, furent mis en pièces. Je regagnai la gare. Le général était sorti du bureau du télégraphe, plus animé, plus rouge, plus colère que jamais.

Il bredouilla quelque chose, et aussitôt il se fit un grand remuement. On entendait des cliquetis de sabre; des voix s'appelaient, se répondaient; des officiers couraient dans toutes les directions. Et le clairon sonna. Sans rien comprendre à ce contre-ordre, il nous fallut remettre sac au dos et fusil sur l'épaule.

Les membres raidis par l'immobilité, la tête bourdonnante, nous heurtant l'un à l'autre, nous reprîmes notre course haletante, sous la pluie, dans la boue, à travers la nuit. A droite et à gauche, des champs s'étendaient, noyés d'ombre, d'où s'élevaient des tignasses de pommiers, qui semblaient se tordre sur le ciel.

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Parfois, très loin, un chien aboyait Puis c'étaient des bois profonds, de sombres futaies, qui montaient, de chaque côté de la route, comme des murailles. Puis des villages endormis où nos pas résonnaient plus lugubrement, ou, par les fenêtres vite ouvertes et vite refermées, apparaissait la vision vague d'une forme blanche, terrifiée Et encore des champs, et encore des bois, et encore des villages Pas une chanson, pas une parole, un silence énorme rythmé par un sourd piétinement. Les courroies du sac m'entraient dans la chair, le fusil me faisait l'effet d'un fer rouge sur l'épaule Un moment, je crus que j'étais attelé à une grosse voiture embourbée, chargée de pierres de taille et que des charretiers me cassaient les jambes à coups de fouet.

M'arc-boutant sur mes pieds, l'échiné pliée en deux, le cou tendu, étranglé par le licol, la poitrine sifflante, je tirais, je tirais Il arriva bientôt que je n'eus plus conscience de rien. Je marchais, machinalement, engourdi, comme dans un rêve D'étranges hallucinations passaient devant mes yeux Je voyais une route de lumière, qui s'enfonçait au loin, bordée de palais et d'éclatantes girandoles De grandes fleurs écarlates balançaient, dans l'espace, leurs corolles au haut de tiges flexibles, et une foule joyeuse chantait devant des tables couvertes de boissons fraîches et de fruits délicieux Des femmes, dont les jupes de gaze bouffaient, dansaient sur les pelouses illuminées, au son d'une multitude d'orchestres, tapis dans des bosquets, aux feuilles retombantes, étoilées de jasmins, rafraîchies par les jets d'eau.

Je m'arrêtai et, pour ne point m'écrouler sur le sol, je dus me cramponner au bras d'un camarade Je m'éveillai Tout était noir. Nous étions arrivés à l'entrée d'une forêt, près d'un petit bourg où le général et la plupart des officiers allèrent se loger La tente dressée, je m'occupai de panser mes pieds écorchés, avec de la chandelle que je gardais en réserve dans ma musette et, comme un pauvre chien exténué, je m'allongeai sur la terre mouillée et m'endormis profondément.

Pendant la nuit, des camarades, tombés de fatigue sur la route, ne cessèrent de rallier le camp. Il y en eut cinq dont on n'entendit plus jamais parler.

A chaque marche pénible, cela se passait toujours ainsi: quelques-uns, faibles ou malades, s'abattaient dans les fossés et mouraient là: d'autres désertaient Le lendemain, le réveil sonna, dès le lever de l'aube.

La nuit avait été très froide; il n'avait cessé de pleuvoir et, pour dormir, nous n'avions pu nous procurer la moindre litière de paille ou de foin. J'eus beaucoup de difficulté à sortir de la tente; un moment, je dus me traîner sur les genoux, à quatre pattes, les jambes refusant de me porter. Mes membres étaient glacés, raides ainsi que des barres de fer; il me fut impossible de remuer la tête sur mon cou paralysé, et mes yeux, qu'on eût dits piqués par une multitude de petites aiguilles, ne discontinuaient pas de pleurer.

En même temps, je ressentais aux épaules et dans les reins une douleur vive, lancinante, intolérable. Je remarquai que les camarades n'étaient pas mieux partagés que moi. Les traits tirés, le teint terreux, ils s'avançaient, les uns boitant affreusement, les autres courbés et vacillants, buttant à chaque pas contre les touffes de bruyère: tous écloppés, lamentables et boueux.

J'en vis plusieurs qui, en proie à de violentes coliques, se tordaient et grimaçaient en se tenant le ventre à deux mains. Quelques-uns, secoués par la fièvre, claquaient des dents. Autour de soi, on entendait des toux sèches, déchirant des poitrines, des respirations haletantes, des plaintes, des râles.

Un lièvre détala de son gîte, s'enfuit effaré, les oreilles couchées, mais personne ne songea à le poursuivre, comme nous faisions autrefois L'appel terminé, il y eut distribution de vivres, car l'intendance avait fini par retrouver la brigade Nous fîmes la soupe, que nous mangeâmes aussi gloutonnement que des chiens affamés.

Je souffrais toujours. Après la soupe, j'avais eu un étourdissement, bientôt suivi de vomissements, et je grelottais la fièvre. Tout, autour de moi, tournait Je demandai au sergent la permission d'aller à la visite. Les tentes s'alignaient sur deux rangs, adossées à la forêt, de chaque côté de la route de Senonches, qui débouche dans la campagne par une magnifique trouée dans les chênes, traverse, à trois cents mètres de là, la route de Chartres, et plus loin, le bourg de Bellomer, pour continuer son cours vers la Loupe.

Au carrefour formé par ces deux routes, une petite maison s'élevait, misérable et couverte de chaume, sorte de hangar abandonné, qui servait d'abri aux cantonniers, pendant la pluie.

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C'est là que le chirurgien avait établi une ambulance improvisée, reconnaissable au drapeau de Genève, planté dans une fente de mur, qui la décorait.

Devant la maison, beaucoup attendaient. Une longue file d'êtres blêmes, exténués, ceux-ci debout avec de grands yeux fixes, ceux-là, assis par terre, mornes, les omoplates remontées et pointues, la tête dans les mains. La mort déjà avait appesanti son horrible griffe sur ces visages émaciés, ces dos décharnés, ces membres qui pendaient, vidés de sang et de moelle.

Et, en présence de ce navrement, oubliant mes propres souffrances, je m'attendris. Ainsi, trois mois avaient suffi pour terrasser ces corps robustes, domptés au travail et aux fatigues pourtant!

Trois mois!

Et ces jeunes gens qui aimaient la vie, ces enfants de la terre qui avaient grandi, rêveurs, dans la liberté des champs, confiants en la bonté de la nature nourricière, c'était fini d'eux! Au marin qui meurt, on donne la mer pour sépulture; il descend dans le noir éternel, au balancement de ses vagues musiciennes Mais eux! Encore quelques jours, peut-être, et, tout à coup, ils tomberaient, ces va-nu-pieds, la face contre le sol, dans la boue d'un fossé, charognes livrées au croc des chiens rôdeurs, au bec des oiseaux nocturnes.

J'éprouvai un sentiment de si fraternelle et douloureuse commisération, que j'eusse voulu serrer tous ces tristes hommes contre ma poitrine, dans un même embrassement, et je souhaitai—ah! Ils entraient un par un dans la maison, et ils en ressortaient aussitôt, poursuivis par un grognement et par un juron D'ailleurs, le chirurgien ne s'occupait pas d'eux. Très en colère, il réclamait à un infirmier sa pharmacie de campagne qui n'avait pas été retrouvée parmi les bagages.

Où est ma pharmacie? Et ma trousse? Qu'est-ce que j'ai fait de ma trousse? Un petit mobile, qui souffrait d'un abcès au genou, s'en retourna à cloche-pied, pleurant, s'arrachant les cheveux de désespoir.

On n'avait pas voulu le visiter. Quand ce fut mon tour de passer, je tremblais très fort. Dans le fond de la pièce, sombre, quatre malades râlaient, couchés sur la paille, en chien de fusil, un cinquième gesticulait, prononçant, dans le délire, des mots incohérents; un autre encore, à demi levé, la tête inclinée sur la poitrine, se plaignait et demandait à boire d'une voix faible, d'une voix d'enfant.

Accroupi devant la cheminée, un infirmier présentait à la flamme, au bout d'une baguette de bois, un morceau de boudin grésillant, dont l'odeur de graisse brûlée empuantissait la chambre L'aide-major ne me regarda même pas.

Il vociféra: —Qu'est-ce que c'est encore que celui-là? Tas de flemmards! Dix lieues dans les guibolles, clampin, ça te remettra Allons, marche! Je croisai sur le seuil une paysanne, qui me demanda: —C'est-y ben icite qu'est l'sérûgien?

Qu'est-ce que vous voulez, vous? J'viens pour mon fi qu'est soldat. Les deux mains croisées sur le manche de son parapluie, toute craintive, elle examina la pièce, autour d'elle. Pour lors, j'venais vouêr si vous l'aviez point à quant à vous, mossieu l'sérûgien. C'est possible Voyez dans le tas, là. L'infirmier, qui faisait griller son boudin, tourna la tête. Mais il est mort, il y a trois jours Où ça qu'il est mô? Pourquoi qu'il est mô, mon p'tit gâs? L'aide-major intervint, et poussant la vieille vers la porte, d'un geste brutal Il est mort, eh bien, voilà tout Tandis que je regagnais latente, trébuchant, roulant dans ma tête les plus noirs projets, à peine si je fis attention au petit mobile qui, s'étant arrêté au pied d'un pin, avait lui-même ouvert son abcès avec son couteau et, tout blanc, le front ruisselant de sueur, bandait la plaie d'où le sang coulait.

La matinée me fut meilleure que je l'aurais pensé. J'eus la chance de ne faire partie d'aucune corvée et, après avoir astiqué mon fusil, rouillé par la pluie, je goûtai quelques heures de bon repos. Étendu sur ma couverture, le corps tout engourdi dans un demi-sommeil délicieux, où je percevais distinctement les bruits du camp—les sonneries du clairon, le hennissement d'un cheval, au loin—je songeai aux êtres et aux choses que j'avais quittés.

Mille figures et mille paysages défilèrent rapidement devant mes yeux Je revis le Prieuré, ma mère morte, et mon père, avec son large chapeau de paille, et le petit mendiant aux cheveux filasse, et Félix accroupi dans les plates-bandes, au milieu des laitues, qui guettait une taupe. Je revis ma chambre d'étudiant, mes camarades de l'école, et, dominant le tumulte de Bullier, Nini, grise et défrisée, avec ses lèvres pourpres, son chignon roux, et ses bas roses, sortant, fleurs lascives, des jupes soulevées par la danse.

Puis l'image d'une femme inconnue, en robe mauve, que j'avais aperçue un soir, au théâtre, dans l'ombre d'une loge, me revint, obstinée et douce vision! Pendant ce temps, les plus valides d'entre nous étaient allés rôder dans la campagne, autour des fermes.

Ils rentrèrent gaîment, chargés de bottes de paille, de poulets, de dindes, de canards.

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L'un poussait devant lui, à coups de gaule, un gros cochon qui grognait, l'autre balançait un mouton sur ses épaules; celui-ci traînait au bout d'une hart, tordue en corde, un veau qui résistait comiquement, secouait son mufle en meuglant.

Les paysans accoururent au camp pour se plaindre d'avoir été volés: on les hua et on les chassa. Son regard luisant, son teint de braise, sa voix pâteuse disaient qu'il avait copieusement déjeuné. Il mâchonnait un bout de cigare éteint, crachait, s'ébrouait, maugréait on ne savait contre qui et contre quoi, car il ne s'adressait à personne, directement.